La difficulté principale du développement durable ne réside pas dans la théorie, ni dans la complexité des outils: notre civilisation en manipule d'autres bien plus élaborés du point de vue technique, par exemple dans les domaines de l'échange d'information et du transport. L'obstacle est culturel. Chacun peut comprendre – pour peu qu'il soit suffisamment informé – que la prévention de certains types de risques et plus généralement la préparation d'un avenir 'soutenable' nécessitent aussi bien des changements profonds de nos modes de vie que des mesures complexes qui n'auront d'efficacité que sur de grandes échelles de temps et d'espace. Mais les difficultés apparaissent dans la mise en œuvre: protéger l'environnement, révolutionner les modes de production et de consommation, cela génère un bénéfice différé pour tous au prix d'un coût immédiat pour certains.
La gageure est donc de procurer à chaque acteur engagé un bénéfice concret et effectif pour lui-même ou pour la communauté qu'il représente, de manière à ce qu'il considère le coût comme un investissement et l'engage ainsi volontairement.
La prise en compte de cette nouvelle exigence dans nos modes de vie demande du temps, une évolution profonde des mentalités, parfois en contradiction avec les moteurs du développement humain : la domination de la nature, le productivisme et la consommation de biens, la libre concurrence, etc.
Ensuite, le développement durable présente la caractéristique de ne pas proposer de recette miracle qui puisse s’appliquer à toutes les activités humaines, mais de prôner au contraire des mesures spécifiques à chaque situation:il faut constamment imaginer des solutions innovantes et adaptées qui maintiennent l'efficacité tout en réduisant les nuisances.
Le paradoxe est que cette démarche d'adaptation maximale demande uneapproche globale des problèmeset la prise en compte simultanée des questionséconomiques, sociales et environnementales, mais aussi politiques, juridiques, culturelles... Tous ces aspects interviennent de manière indissociable dans la vie réelle; l'analyse doit donc respecter cette complexité et la prendre en compte, toujours, pour prévenir toute régression et pour préparer un avenir durable, tendu vers un bien-être augmenté et mieux partagé.
Une notion encore peu maîtrisée mais qui s'impose déjà
Le développement durable, en tant que concept, est indissociable des enjeux environnementaux, énergétiques et de développement qui se posent et s’imposent à l’humanité avec force dans ce début de XXIe siècle. Les questions majeures de la raréfaction des ressources naturelles et du réchauffement climatique, combinées à l’accélération du développement industriel et économique des grands pays du Sud comme la Chine, l’Inde et le Brésil posent par exemple des questions essentielles au mode de développement économique promu par les pays du Nord, globalisé et mis en œuvre jusque dans les modes de vie individuels.
Au-delà des débats sur la définition et le contenu du développement durable, force est de constater que celui-ci n’est plus aujourd’hui un concept abstrait. Même si pour le grand public et pour les non-initiés il est encore un terme «fourre-tout» et qui reste en fait vide de sens, il se traduit par des démarches de plus en plus formalisées et sa mise en œuvre par des actions concrètes est déjà une réalité. Il faut reconnaître que ses applications ne sont pas uniformes, mais cette diversité des solutions est délibérée: elle est intrinsèque aux problèmes auxquels s’attaque le développement durable, par nature complexes et variés.
De fait, que ce soit pour les collectivités, qui œuvrent au développement économique et social de leur territoire tout en préservant l’environnement, ou pour les entreprises, qui – par choix ou par obligation – entreprennent des actions de réduction des impacts négatifs de leurs activités de production, le développement durable se traduit par un ensemble d’actions concrètes qui remettent en cause dans certains cas – ou qui le corrigent dans d’autres – un mode de fonctionnement de plus en plus décrié compte tenu des dangers, bien réels, vers lesquels notre propre développement mène notre espèce et avec elle l'ensemble de notre planète.
Il est de moins en moins aisé aujourd’hui dans les pays du Nord de mener une activité économique sans prendre en compte ses impacts environnementaux et sociaux. Cette prise en compte n'est pas entièrement nouvelle mais incontestablement le degré d’exigence ne cesse d’augmenter; à tel point que les lois et normes environnementales par exemple évoluent d'année en année. Que ce soit par de telles évolutions, par la pression de la société civile (qui, à travers les ONG et les associations représentatives, sait aujourd'hui plus sûrement que les tribunaux contraindre les groupes multinationaux à céder à ses exigences) ou par l'obligation de ne pas se laisser distancer par la concurrence, les entreprises, organisations politiques, associations et collectivités sont obligées d’une manière ou d’une autre de prendre le train en marche.
Pour preuve, peu d'élus font aujourd'hui abstraction du thème du développement durable tandis que les entreprises, même si certaines en font encore un argument de pur marketing, sont du moins montrées du doigt si elles n’y font pas référence; peu à peu, elles sont amenées à engager des démarches plus sincères et moins axées sur la communication pour ne pas être confrontées à des problèmes d'image dévastateurs. Quant aux réfractaires ou retardataires, l'expérience de l'apparition des normes 'qualité' montre qu'ils devront tôt ou tard inscrire le développement durable dans leur stratégie: déjà, un certain nombre de normes environnementales telles l'ISO14001 commencent à se généraliser et certaines propositions pour des normes de développement de durable plus étendues telles la SD21000 (qui intégre la responsabilité sociale en plus de l'environnement) voient le jour. Les portefeuilles d’investissements financiers fondés sur des indices de responsabilité sociale sont désormais un type de produit standard proposé par toutes les grandes banques, et les agences de notation et d’audit RSE (Responsabilité Sociale de l'Entreprise[en savoir plus]) s’imposent sur ce nouveau marché. Le mouvement paraît « durable » et s’il n’est pas encore stabilisé, il est manifestement appelé à s'amplifier.
Les actions concrètes et les services dans le développement durable
En même temps que se développent l’acceptation et l’adoption du concept, de nombreux outils spécifiques à chaque type de problématique voient le jour et, avec ces outils, des standards, des mécanismes de contrôle ou d’incitation institutionnels ainsi que des procédures toujours plus élaborées, sont créés puis développés. Dans ce nouveau cadre naissent aussi de nouveaux acteurs spécialisés. ECO2Initiative est l'un d'eux. Son rôle est d'offrir les nouveaux services liés au processus de développement décrit plus haut ainsi que l’expertise et le support qui permettent d'initier puis de mener une démarche pertinente dans un environnement contrasté, multi-dimensionnel et en constante évolution.
Lorsqu'une collectivité locale ou une entreprise souhaite initier une démarche de développement durable, il lui faut comprendre les grands enjeux généraux liés à ce sujet, mais aussi et surtout identifier et caractériser ceux qui sont propres à son activité. ECO2 Initiative l’aide à mener cette réflexion puis à identifier les axes prioritaires d’action. Elle aide ensuite cette organisation à mettre en place et à systématiser sa démarche afin qu’elle soit « durable » et/ou « renouvelable ». 'ECO2' peut également participer à la mise en œuvre des actions concrètes qui résulteront de cette démarche, y compris au développement de projets, grâce à son expérience dans ce domaine et à son intégration dans un large réseau d'acteurs du développement durable (agences environnementales, ONG, institutions, sous-traitants, etc.).
Voici quelques exemples des actions concrètes à mettre en oeuvre dans une organisation qui vont en général dans le sens du développement durable :
-par des séminaires de sensibilisation, intéresser un public (de citoyens, de salariés...) aux enjeux du développement durable; lui en présenter les fondements, les principales problématiques ainsi que les notions de base qui y sont associées,
-mettre en place un plan de déplacement 'entreprise' ou 'collectivité' (rationalisation des déplacements professionnels et du domicile au travail),
-convertir une flotte de véhicules à l'usage des biocarburants,
-intégrer un pourcentage d'électricité 'verte' à la consommation totale de l'organisation,
-développer un projet d’énergies renouvelables dans un pays en développement grâce aux mécanismes de Kyoto ou dans un pays développé grâce au nouveau mécanisme de Projet Domestique.