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2020...2050...

2020Le Protocole de Kyoto ; l’après Kyoto qui se joue à Copenhague en 2009 ; les USA ; la Chine ; l’Inde et tous les pays émergents ; l’Europe et le paquet Climat - Énergie ; Reach ; le Grenelle de l’environnement et les 3 fois 20 ; la loi NRE ; la taxe Carbone... sont autant de sujets qui pris séparément semblent assez flous et lointains.

Toutefois si notre regard prend de la distance et analyse les modifications profondes que provoquent ces nouvelles orientations, on comprend mieux à quoi nos sociétés ressembleront demain. Par choix ou par nécessité, nos organisations changent leurs référentiels d’objectifs et d’évaluation. Quatrième révolution industrielle ou révolution sociétale ?

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Biodiversité

Origine et définition

Origine

Apparu pour la première fois en 1988, le mot ‘biodiversité’ vient de la contraction de ‘diversité biologique’. Il désigne la diversité du monde vivant. La biodiversité est partout, sur terre et dans les milieux aquatiques : elle comprend tous les organismes vivants de la plus petite bactérie microscopique aux espèces animales et végétales les plus complexes.

Définition

Selon l’article 2 de la Convention sur la Diversité Biologique (CDB) de 1992, la biodiversité est la « variabilité des organismes vivants de toute origine, y compris, entre autres, les écosystèmes terrestres, marins et autres écosystèmes aquatiques et les complexes écologiques dont ils font partie ; cela comprend la diversité au sein des espèces (biodiversité génétique), et entre les espèces (diversité des espèces) et ainsi que celle des écosystèmes (diversité des écosystèmes) ».

La biodiversité est :

  • une priorité scientifique (comprendre sa genèse, ses fonctions et enrayer son érosion) ;
  • un enjeu économique (ressources biologiques et génétique à valoriser et à partager) ;
  • un enjeu éthique (droit à la vie des espèces) ;
  • un enjeu sociétal (partage des valeurs et des avantages).

La biodiversité est à la confluence des sciences de la nature, de l’homme et de la société.

Services fournis, bienfaits fondamentaux

Les services fournis par les écosystèmes sont les bienfaits qu’ils procurent aux hommes. Ces services sont divers et peuvent être regroupés selon leurs intérêts. La biodiversité offre aux hommes un air respirable et l’eau potable. Elle permet le développement de l’agriculture, du pâturage pour le bétail, de la chasse et de la cueillette (grâce à la pollinisation) et enfin de la pêche. Tous ces services représentent les besoins vitaux pour les hommes, c’est-à-dire l’accès à la nourriture et à l’eau, indispensables à sa survie. Dans le domaine céréalier, l’augmentation annuelle des récoltes dépend pour moitié d’un capital biologique génétiquement varié. Dans certains cas, la biodiversité sert de rempart aux phénomènes climatiques naturels tels les inondations et les sécheresses grâce au rôle régulateur des espèces en place (forêts, zones humides et rivières). La biodiversité fournit également les éléments nécessaires à la production de chaleur, la construction, l’habillement, la cosmétologie et la pharmacopée. Dans ce dernier domaine, beaucoup de plantes sont utilisées pour la ‘médecine générale’, et de nombreuses espèces sont utilisées et étudiées pour des domaines médicaux plus poussés (recherche contre le cancer, Alzheimer, leucémie, etc.). Enfin la biodiversité permet aux hommes des activités telles que le tourisme et les loisirs (55% des touristes de toutes nationalités se rendent dans des aires protégées selon www.noeconservation.org).

Les plus petites espèces sont majoritaires et inégalement réparties

1,8 million d’espèces ont été décrites alors que les estimations varient de 3,6 à 100 millions d’espèces. Les insectes représentent près de 50% des variétés d’espèces, contre 3% à peine pour les vertébrés. Les espèces sont inégalement réparties géographiquement. La taille d’un pays où d’une région ne fait pas sa biodiversité ! Par exemple, la Méditerranée représente moins de 1% de la planète mais elle concentre 6% de la biodiversité. Le Brésil est quant à lui considéré comme regroupant 1/5ème de la biodiversité mondiale avec 50 000 espèces végétales, 5 000 vertébrés, 10 à 15 millions d’insectes et des millions de micro-organismes. Enfin, l’Inde représenterait 8% des espèces connues (47 000 espèces végétales et 81 000 espèces animales).

Facteurs de perte de la biodiversité et conséquences potentielles à l’échelle mondiale

L’installation de l’homme et ses activités ont modifié les équilibres biologiques existants, entraînant des impacts sur la répartition des espèces. En effet, la modification de l’affectation des sols (déforestation, assèchement des zones humides), le changement climatique, la surexploitation des terres (surpâturage, agriculture intensive), la pollution (usage des pesticides, déversements illégaux de substances toxiques dans le milieu naturel) et l’introduction d’espèces invasives sont autant de facteurs qui ont entrainé des modifications souvent irréversibles pour les espèces en place. Incapables de s’adapter sur un laps de temps si court, la majeure partie des espèces disparaissent suite à ces changements. Ces comportements humains et leurs conséquences sur l’environnement mènent à la disparition de 17 000 à 100 000 espèces chaque année.

La perte de la biodiversité engendre une diminution des services fournis aux hommes. Les premières populations touchées par la diminution de ces services (production alimentaire, bois, eau) sont malheureusement souvent des populations pauvres moins à même de s’adapter à ces changements. Cette perte de la biodiversité se ressent également sur la quantité et la qualité des services fournis aux hommes évoqués ci-dessus.

La protection de la biodiversité

Au niveau du territoire national de nombreuses associations de protection et de conservation de la nature et de la biodiversité sont recensées (Le Comité français de l’UICN, la Société Nationale pour la Protection de la Nature, France Nature Environnement, WWF, Fondation Nicolas Hulot, Ligue ROC, LPO, Les Réserves Naturelles de France, Les Espaces Naturels de France, etc.). De nombreuses institutions publiques ont également vocation à protéger la nature et la biodiversité en France : MEEDDAT, Muséum National d’Histoire Naturelle, l’ADEME, les Conseils Régionaux, le Fonds Français pour l’Environnement Mondial, le conservatoire du Littoral, les Parcs Naturels Régionaux et les Parcs Nationaux Français, etc.

En France, la Stratégie Nationale pour la Biodiversité adoptée en 2004 met en œuvre des actions afin « d’assurer la conservation et le bon fonctionnement des habitats naturels, des espèces sauvages et la diversité génétique des espèces » (http://www.ecologie.gouv.fr/-Strate...).

A l’échelle de l’Union Européenne, un vaste réseau de sites protégés (les sites Natura 2000) a été créé et plusieurs Directives réglementent la protection des espèces animales et végétales et l’occupation des sols.

Le principe de compensation biodiversité

La compensation est définie par le MEEDDAT comme étant ‘toute action qui permet de conserver la diversité biologique dans un état équivalent ou meilleur de celui qui a été observé avant la réalisation du projet de développement’. C’est un mécanisme qui concerne en général les projets d’aménagement ou de construction d’infrastructure.

La compensation ne doit être menée que dans le cas où des actions d’évitement et de réduction des atteintes portées à la nature ont déjà été réalisées en amont. La compensation biodiversité ne doit être utilisée que dans le cadre des dommages résiduels, c’est-à-dire un dommage qui persiste malgré les mesures d’évitement et de réduction des atteintes portées à la nature. S’il est jugé comme acceptable, le maître d’ouvrage doit procéder à une compensation biodiversité

Exemples de principe de compensation biodiversité

Dans les années 1970, des mécanismes de compensation ont été mis en place aux Etats-Unis sous le nom de Mitigations Banks ayant comme but la préservation des zones humides. La protection des espèces et de leur habitat est assurée par un principe de compensation nommé Conservation Bank. Il en existe 75 et la plupart se trouvent en Californie.

Depuis 2006, la France « s’est associée à la Société Forestière et la Caisse des Dépôts et Consignations pour étudier la possible transposition des principes de Mitigations et de Conservation Banks réalisés aux Etats-Unis dans le cadre biologique français ».

D’autres pays peuvent servir d’exemple dans le domaine de la compensation biodiversité : les Pays-Bas avec un cadre réglementaire strict qui prévoit des dédommagements financiers en cas d’atteinte à la nature. L’Australie quant à elle a mis en place des Biobanques en 2006, sur le principe d’allocation aux propriétaires terriens de crédits biodiversité pour mener des actions en faveur de la préservation de la biodiversité.

Sources

  • Site du MEEDDAT (Ministère de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement Durable et de l’Aménagement du Territoire)
  • Convention sur la Diversité Biologique de 1992, Décision du Conseil 93/626/CEE, du 25 octobre 1993.
  • « Biodiversité – le Consensus Scientifique », résumé du rapport de l’Évaluation des Écosystème pour le Millénaire. Version intégrale du rapport (en anglais) téléchargeable sur http://www.millenniumassessment.org/.
  • Conférence de l’IFORE ‘Relever le défi de la biodiversité – les eaux’.

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