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[1] Entre 2006 et 2007, l’UE a produit +5,7% d’électricité renouvelable, en particulier grâce à l’essor de l’éolien et de la biomasse.
En Europe, la part des renouvelables dans la consommation d’énergie primaire totale atteint 7,53% en 2007 [2] pour un objectif de 12% en 2010. En France [3], 6,88% de l’énergie consommée est d’origine renouvelable.
En France [4], la part des énergies renouvelables dans la consommation brute d’électricité est de 13.16% (objectif 21% en 2010). La moyenne européenne est de 15%. En savoir plus.

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Les énergies ’renouvelables’ doivent leur appellation au fait que leur consommation n’a pas pour conséquence directe une réduction de la ressource, que celle-ci soit le soleil (énergie solaire), le vent (énergie éolienne), le mouvement de l’eau (énergie hydraulique), la matière végétale (biomasse-énergie) ou la chaleur du sous-sol terrestre (énergie géothermique).
A l’opposé, la consommation des énergies ’non-renouvelables’ a pour conséquence incontournable la réduction de la source primaire considérée.
C’est le cas pour les énergies fossiles (pétrole, charbon et gaz), puisque celles-ci consistent en des résidus de matière organique - ou vivante - dont la maturation demande quelques millions d’années et des conditions de température et de pression spécifiques.
C’est également le cas pour l’énergie nucléaire : les réactions de fusion et de fission d’atomes ne sont pas réversibles à l’échelle humaine et dans les conditions de pression et de température présentes sur la surface terrestre. Ainsi, le combustible nucléaire (typiquement l’uranium) ne sera pas renouvelé une fois consommé.
Il faut noter que l’opposition renouvelable / non-renouvelable présentée ci-dessus - si elle est généralement acceptée - est une schématisation approximative de la réalité.
Les carburants fossiles sont renouvelables, mais l’échelle de temps nécessaire à leur renouvellement (qui se compte en millions d’années) est bien supérieure au temps nécessaire aux sociétés humaines pour consommer une part importante de cette ressource (quelques dizaines d’années pour le pétrole et le gaz, quelques centaines pour le charbon). Cette différence dans les échelles de temps conduira à l’épuisement du pétrole et du gaz au cours du 21ème siècle, s’ils ne sont pas abandonnés avant en tant que sources d’énergie massives en raison de leur impact sur le changement climatique (en ce qui concerne le charbon, c’est plus sûrement cet aspect qui devrait le rendre obsolète avant épuisement).
A l’inverse, l’énergie géothermique n’est pas renouvelable : il n’existe pas de cycle naturel permettant à la chaleur extraite du sous-sol terrestre (afin de chauffer nos bâtiments) d’être réinjectée dans le sous-sol afin de neutraliser cette extraction d’énergie ; cependant, elle est généralement considérée comme renouvelable dans la mesure où la perte d’énergie du sous-sol qui en découle est très largement négligeable devant l’immensité de l’énergie que celui-ci contient.
Bref, les qualificatifs ’renouvelable’ et ’non-renouvelable’ sont un abus de langage au sens strict. Par ailleurs, même si on exclut la géothermie de cette catégorie, ’renouvelable’ ne signifie pas nécessairement ’renouvelé’, encore moins ’non-polluant’...
Que signifie renouvelable ? Que ce qui est consommé aujourd’hui pourra être régénéré un jour ? Définition un peu trop large, et qui en l’occurrence engloberait finalement tous les types d’énergie...
Adoptons plutôt la définition suivante : la consommation d’énergies renouvelables ne remet pas en cause l’équilibre physique de l’éco-système Terre dans le temps. Cette définition-ci est bien plus restrictive puisqu’elle suggère que cette consommation ne porte pas atteinte à la biodiversité, ne favorise pas le changement climatique et ne génère pas de pollutions persistantes, en particulier pour l’eau.
Or, à y regarder de plus près, les cellules photovoltaïques utilisées pour transformer l’énergie solaire en électricité contiennent du silicium, très polluant ; l’utilisation irraisonnée du bois de chauffage provoque la déforestation et l’appauvrissement des sols, voire la désertification dans certaines parties pauvres du globe ; la production de céréales et d’oléoprotéagineux utilisés pour la production de biocarburants est largement consommatrice en eau et en hydrocarbures fossiles (pesticides et fertilisants) ; la construction de barrages hydrauliques peut avoir des conséquences écologiques et sociales catastrophiques sur la région d’implantation ; etc.
Finalement, les énergies ’renouvelables’ sont des modes d’approvisionnement énergétique qui ne remettent pas en cause a priori, la possibilité de préserver l’environnement. Encore faut-il en faire des énergies ’propres’ en les exploitant de la façon la plus prudente et la plus pertinente.
Le pétrole fut un temps la source d’énergie primaire idéale : abondant, d’une grande densité énergétique et se présentant sous forme liquide, il peut être transporté via des pipelines ou des tankers sur des milliers de kilomètres, il permet de produire de l’électricité en masse, il permet de donner aux véhicules une autonomie de plusieurs centaines de kilomètres, etc.
Quelle source remplacera le pétrole ? Tout le monde s’accorde sur la réponse : aucune. Si les sources d’énergie renouvelables sont intrinsèquement abondantes, aucune ne permet la polyvalence et la flexibilité d’utilisation du pétrole : surfaces d’implantation nécessaires excessives pour les panneaux solaires, volume potentiel de production limité pour les biocarburants, discontinuité et imprévisibilité à moyen terme des vents pour l’énergie éolienne, saisonnalité pour l’hydroélectricité, etc.
Il apparaît évident aujourd’hui que c’est d’un ’bouquet’ que sera constitué l’approvisionnement énergétique de demain, même s’il inclut l’énergie nucléaire. Cette notion est fondamentale : quand on envisage les solutions du futur en matière énergétique, il ne faut pas courir après la source d’énergie qui résoudra tous les problèmes ; et - renouvelable ou non - il ne faut en délaisser aucune.
[1] source Observ’ER
[2] 7,07% en 2006
[3] en 2007
[4] en 2007
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