La notion de Responsabilité Sociale des Entreprises est liée à l'application aux entreprises du concept de développement durable qui repose sur trois piliers (économique, social et environnemental). La RSE (CSR, Corporate Social Responsability selon le vocable international) signifie qu'une entreprise doit non seulement se soucier de sa rentabilité et de sa croissance, mais aussi de ses impacts environnementaux et sociaux. Elle doit aussi être plus attentive aux préoccupations de ses parties prenantes ("stakeholders") : salariés, actionnaires, clients, fournisseurs et société civile dont les ONG sont les porte-paroles.
Pourquoi ?
Le poids des entreprises dans la production de richesse (on compte 29 multinationales parmi les 100 premières entités économiques mondiales) conduit l’ensemble des corps sociaux à leur demander des comptes sur les impacts économiques, sociaux et environnementaux de leurs activités. Cela peut passer par de nouvelles lois et réglementations nationales et supranationales mais aussi par des pressions de la société civile (consommateurs, ONG) ou de certains actionnaires qui exigent, au minimum, plus de transparence des entreprises. Les campagnes menées par de grandes ONG pour, par exemple, inciter une multinationale à se retirer d'un pays ou mobiliser les consommateurs pour protester contre les conditions de travail chez un de ses sous-traitants ainsi que la montée de nouvelles attentes dans l'opinion publique pèsent sur les grandes entreprises. C'est ce qu'on appelle un risque de réputation. Si leur image se dégrade brusquement, elles en subissent des contrecoups commerciaux et financiers. L'évolution de la jurisprudence, les procès intentés en responsabilité (tabac, marées noires...) peuvent coûter cher et c'est pour cela que certains actionnaires font pression pour éviter qu'ils surviennent.
On sait aussi qu'au-delà des contraintes de court-terme, une politique de ressources humaines dynamique, plus de formation des salariés à tous les niveaux de compétence et un climat social favorable sont des atouts essentiels, à moyen et long terme, pour la croissance d'une entreprise.
Sur un plan environnemental, les entreprises commencent à modifier leurs pratiques. En économisant l'eau ou l'énergie nécessaires à la fabrication de leurs produits, elles peuvent parfois considérablement diminuer leurs coûts de production. Elles peuvent aussi tirer un avantage concurrentiel d'avoir anticipé sur le respect des réglementations nationales ou européennes concernant, par exemple, les réductions des émissions de gaz à effet de serre.
Pour que la RSE devienne un axe stratégique de l’entreprise, le processus est progressif.
- Première étape : faire un diagnostic social et environnemental (exemple : conditions de travail, parité au sein de l’entreprise, politique anti-discrimination, consommation d’énergie, d’eau ou émissions de gaz à effet de serre)
- Seconde étape : définir des orientations et fixer des objectifs d’amélioration et, le cas échéant, s’engager dans des demarches volontaires collectives.
- Troisième étape : mettre en œuvre des programmes d’action pour modifier ses pratiques et construire les dispositifs de reporting qui permettent d’en rendre compte en s’appuyant sur ses parties prenantes. Pour établir des diagnostics ou atteindre des objectifs, les entreprises peuvent recourir à leurs parties prenantes. Concrètement cela peut les conduire à monter des partenariats avec des ONG, spécialistes des questions environnementales ou sociales. Les grands domaines de la RSE
La responsabilité sociale et environnementale ou sociétale de l’entreprise s’étend à l’ensemble de ses activités. Pour chaque grand domaine il existe une grille de critères qu’on peut rassembler en 6 grandes familles : environnement, ressources humaines, gouvernement d’entreprise, pratiques commerciales, impact local et citoyenneté.
Quelles entreprises ?
-Les grandes entreprises
Les entreprises qui ont engagé de vraies démarches de responsabilité sociale et environnementale ayant un impact sur les pratiques et les processus aussi bien dans le domaine des ressources humaines que dans celui des pratiques commerciales ou de la production sont assez rares. Il s’agit, en général, de grandes entreprises côtées qui ont de forts impacts environnementaux ou qui gèrent des marques grand public. En France, les entreprises les plus engagées sont réunies dans des associations qui travaillent sur ces questions. On peut en citer trois : l’ORSE (Observatoire sur la Responsabilité Sociétale des Entreprises), l’AERES (Association des Entreprises pour la Réduction des Emissions de Gaz à Effet de Serre) et l'EpE (Entreprises pour l’Environnement).
-Les PME
Dans les PME ou les grandes entreprises patrimoniales, la RSE est rarement un axe stratégique à l’exception de quelques pionnières comme Body Shop, Patagonia ou Nature et Découvertes. Toutefois, les initiatives se multiplient pour favoriser ce type de demarches dans les PME, voire même dans les TPE : création d’outils de diagnostic ou de management, initiatives de réseaux, études…. En France, 4 outils au moins existent promus par l’AFNOR, le CJDES, le CJD et Alliances. En Europe également, des instruments de mise en oeuvre de la RSE sont étendus aux petites ou moyennes sociétés.