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  • Fanny Maréchal, ECO2 Initiative

ECO2 Initiative s'engage pour l'alimentation durable


En janvier dernier, ECO2 Initiative s’engageait pour la défense de modes de consommation et de production plus durables en choisissant de rejoindre le Collectif de l’alimentation durable pour tous, aux côtés d’autres structures telles que Too Good To Go, Yuka, la Fourche, FoodChéri, la Ruche qui dit Oui !, ou encore Poiscaille, C’est qui le patron ?!, les Banques alimentaires et Maxime de Rostolan.


Biodiversité, planification écologique, agriculture, énergie, consommation… les élections présidentielles représentent toujours une occasion de mettre en lumière certains sujets liés à l’écologie et à la transition environnementale, plus ou moins abordés par les candidat·e·s dans leurs programmes.


Alors, parmi les nombreuses questions que soulève la campagne actuelle, comment remettre l’accent sur le domaine de l’alimentation durable ? Pourquoi avoir choisi de constituer un collectif dédié à ce sujet ? Quelles sont les propositions défendues par ses membres ?



Remettre le sujet de l’alimentation durable au cœur du débat


Avec près de 90% des Français·es estimant vouloir consommer davantage de produits alimentaires plus respectueux de l’environnement, contre 63% déclarant vouloir manger sainement et 73% reconnaissant que les agriculteur·ice·s ne sont pas rémunéré·e·s équitablement, on peut dire que l’accès à une alimentation durable pour tou·te·s reste une préoccupation forte pour les consommateur·ice·s de l’Hexagone. Pourtant, si les questions liées à la transition environnementale et à l’écologie deviennent incontournables dans la définition des programmes portés par la plupart des candidat·e·s, rares sont les débats consacrés à l’alimentation durable, et à la redéfinition concrète de nos modes de consommation et de production.


Pour faire de ce sujet une question inévitable et une priorité absolue pour le prochain mandat présidentiel, ECO2 Initiative s’est ainsi associée avec 9 autres organisations à impact ou associations, afin d’apporter des solutions tangibles aux problématiques liées à la redéfinition de notre système alimentaire, mais aussi à l’accès à une alimentation plus durable et nutritive pour tou·te·s. Après concertation entre les différentes organisations et sur une idée originale de Too Good To Go, ce sont donc 10 propositions de mesures à mettre en œuvre qui ont été transmises aux candidat·e·s des élections et relatives à l’expérience de chaque structure membre du collectif. Définies autour de trois axes essentiels du système alimentaire, l’ensemble des propositions vise à : assurer un meilleur revenu aux producteur·ice·s, éduquer et mieux sensibiliser les consommateur·ice·s et mettre fin aux absurdités de notre système alimentaire.



Miser sur l’efficacité de l’affichage environnemental


Il y a un an, ECO2 initiative s’associait avec le collectif d’acteurs engagés composé de Yuka, La Fourche, FoodChéri, Seazon, Scan Up, Frigo Magic, Marmiton et Open food facts pour lancer l’Eco-Score, un indicateur permettant de calculer l’impact environnemental d’un produit alimentaire. Si elle est encore sujette à amélioration, la méthodologie développée par le collectif se base sur les données fournies par Agribalyse et une logique de raisonnement propre à l'ACV, en quantifiant les impacts environnementaux d'un produit, de la fourche à la fourchette. Un an après son lancement, l'Eco-Score a fait du chemin, et permet désormais de référencer près de 400 000 produits alimentaires du quotidien. En plus d’aider les consommateur·ice·s dans leurs choix alimentaires, l’Eco-Score pourrait également influer sur les marques et les industriels, en les aidant à améliorer leur offre. Initié par la loi Climat et Résilience, le déploiement de l'affichage environnemental à grande échelle devrait être rendu officiel d'ici l'année prochaine.


Après avoir mené une expérimentation à grande échelle auprès de grands noms de la distribution (Carrefour, Lidl, Elior, Colruyt…) avec le collectif Eco-Score, ECO2 Initiative a choisi de défendre la proposition suivante : réduire de 30% l’empreinte carbone de notre alimentation, en proposant notamment de :

  • afficher l’empreinte environnementale des plats servis dans la restauration collective (cantines, restaurants d’entreprise…) ;

  • fixer un objectif de 50% de produits bio à l’horizon 2030.

Une proposition qui n’est pas anodine, quand on sait que l’alimentation représente aujourd’hui environ 30% de nos émissions de CO2 en France.

Crédits photo : @Bigstock



Les autres propositions du collectif

  • Agriculture durable par Maxime de Rostolan : instaurer une comptabilité des externalités. Appliquer à tout le secteur agricole et alimentaire une méthode de comptabilité en triple capital, intégrant au bilan et au compte de résultat les capitaux naturel et humain en sus du capital financier, afin de pouvoir rémunérer les agriculteur·ice·s rendant des services écosystémiques ou taxer celles et ceux qui ont une empreinte globale négative.

  • Pêche durable par Poiscaille : une nouvelle loi et un nouveau modèle pour une pêche plus juste et plus durable. Le droit de pêche et la répartition des quotas se doivent d'être attribués aux acteur·ice·s les plus vertueux·ses du secteur : les garant·e·s du développement économique du littoral comme de l'impact sur l'environnement et la ressource. Une réforme de l'interprofession de la pêche en France est nécessaire pour qu'elle soit davantage représentatrice de la diversité du secteur et notamment de la petite pêche et pour que soit appliqué en France l'article 17 de la Politique Commune des Pêches européennes qui reprend les critères détaillés ci-dessus.

  • Circuits courts par la Ruche qui dit Oui ! : promouvoir les circuits courts en exonérant de TVA les produits issus de la vente directe. Pour les consommateur·ice·s, les produits issus de la vente directe sont la garantie d’avoir accès à des produits non transformés, locaux et de saison. Pour les producteur·ice·s, ils leur permettent de vivre justement de leur métier, en réduisant les intermédiaires. Pour l’économie locale, ils favorisent les échanges directs et assurent la résilience des territoires. En supprimant la TVA sur les produits issus de la vente directe, le prix final sera moins cher, et les circuits courts plus accessibles.

  • Bio accessible à tous par la Fourche : instaurer un chèque alimentation bio mensuel de 100 euros à destination des Français·e·s en situation de précarité alimentaire pour favoriser l’accès à une alimentation bio et durable. Face à une précarité alimentaire qui touche aujourd'hui près de 10 millions de Français·e·s et alors que l'agriculture représente près de 20% des émissions de gaz à effet de serre nationales, l'instauration d'un chèque alimentaire bio doit permettre aux Français·e·s en situation de précarité d'avoir accès à une alimentation saine et durable. Ce chèque alimentation bio serait utilisable pour tout achat de de produits bio et adossé aux centres communaux d’action sociale (CCAS) ou Banques Alimentaires, sous conditions de revenu et obligatoirement assorti d’une proposition d’accompagnement social. Issu des propositions de la convention citoyenne pour le Climat, il s'agit d'un outil qui offrirait un complément de pouvoir de vivre aux Français·e·s, tout en favorisant les pratiques agricoles durables.

  • Impact de l’alimentation sur la santé par Yuka : interdire les additifs nitrés dans tous les produits alimentaires. La dangerosité des additifs nitrés - en particulier lorsqu’ils sont employés dans les produits de charcuterie - fait l’objet de nombreuses publications scientifiques. L’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) a classé en 2010 les nitrites et nitrates ingérés comme cancérogènes probables (catégorie 2A). Puis, elle a classé en 2015 la charcuterie comme cancérogène avéré (catégorie 1).

  • Consommation éthique et responsable par C’est qui le Patron ?! : intégrer les consommateur·ice·s aux négociations commerciales pour mieux protéger les producteur·ice·s et consommer de manière plus durable et plus responsable. Chaque année, fabricants et distributeurs négocient le prix des aliments consommés, le plus souvent au détriment des agriculteur·ice·s. La coopérative C’est qui le Patron ?!, en plaçant les consommateur·ice·s au centre des décisions et en lui permettant de tout vérifier, a permis de rééquilibrer le rapport de force et protéger la rémunération agricole. L’objectif est que ce système puisse bénéficier à tous les agriculteur·ice·s français·e·s.

  • Restauration responsable par FoodChéri : étendre l’application de la loi EGAlim à l’ensemble des acteurs de la restauration d’entreprise. Grâce à la loi EGAlim, les entreprises de la restauration collective (écoles, hôpitaux…) doivent appliquer des mesures en faveur d’une alimentation saine et durable. Par exemple, utiliser 50% de produits durables, dont 20% de bio, et diversifier leurs sources de protéines. Aujourd’hui, l'ensemble des Français·e·s consomment en moyenne un tiers de leurs repas sur leur lieu de travail. Une extension du champ d’application de la loi EGAlim permettrait d’aider toutes les entreprises à proposer à leur·e·s collaborateur·ice·s une alimentation meilleure pour la santé et meilleure pour la planète.

  • Lutte contre le gaspillage alimentaire par Too Good To Go : généraliser l’apposition d’une mention complémentaire après la Date de Durabilité Minimale indiquant que le produit reste consommable après la date. Grâce au Pacte sur les dates de consommation, 19 acteurs de l’agroalimentaire ont modifié leurs emballages pour ajouter une mention complémentaire après la date de durabilité minimale (DDM). Ce qui représente plus de 300 millions de produits en magasin. Avant ces travaux, selon une étude européenne, 55% des consommateur.ice.s ne savaient pas ce qu'était une date de durabilité minimale. D’après une récente étude de Too Good To Go, aujourd’hui, ce sont 82% des Français·e·s qui savent qu'un produit à DDM peut se consommer après la date. Une généralisation de cette proposition pourrait avoir un réel impact sur le gaspillage alimentaire dans les foyers français, où 20% du gaspillage serait dû à la confusion entre les dates de consommation.

  • Lutte contre la précarité alimentaire par la Fédération Française des Banques Alimentaires : lutter contre le gaspillage alimentaire et la précarité alimentaire en développant la culture du don, notamment via les contrôles de l’interdiction de jeter, et les contrôles sur la qualité du don. Continuons de développer la culture du don alimentaire pour lutter contre le gaspillage, un problème public d’actualité ! 150 kilos d’aliments jetés par an, par habitant, 159 euros par personne, 3% des émissions de CO2 en France. La France est pionnière en matière de lutte contre le gaspillage alimentaire depuis la loi Garot de 2016. La loi EGALIM puis la loi AGEC et loi Climat sont venues renforcer les dispositifs visant à lutter contre le gaspillage alimentaire. L’ensemble des maillons de la filière alimentaire sont dorénavant concernés. La lutte contre le gaspillage alimentaire est donc encadrée d’un point de vue légal, mais les contrôles prévus par la loi ne semblent pas mis en œuvre.

Pour donner plus de poids à l’ensemble de ces propositions, le Collectif les transformera en proposition de loi. Cette proposition de loi pour une alimentation durable pour tous sera à la disposition des candidats aux élections législatives. Le Collectif veillera à ce que la proposition de loi puisse être débattue dans le cadre de la prochaine mandature.



Pour aller plus loin


Depuis 16 ans, ECO2 Initiative accompagne les collectivités, entreprises et associations pour les aider à réduire leur impact et/ou amorcer une transition plus ambitieuse, et traite des problématiques liées à l'alimentation. Elle s'engage au travers d'Etiquettable et de l'Eco-Score à promouvoir une alimentation plus durable, et dispose de plusieurs conseillers accompagnant les restaurants et entreprises dans leurs démarches de transition. Pour plus d'informations, contactez-les : contact@eco2initiative.com