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  • Guillaume Gacon, ECO2 Initiative

Les impacts des zones d’activités

La France compte près de 32000 zones d’activités (ZA), communément appelées zones d’activités économiques, pôles d’activités, éco-parcs, zones industrielles, etc. Au carrefour d’enjeux économiques et territoriaux, maillages d’une organisation complexe et inter-acteurs, elles constituent un vrai challenge lorsqu’il s’agit de réduire leur impact ou de les éco-concevoir.



Une zone d’activités durable, ça existe ?


Par essence, une zone d’activité va avoir de nombreux impacts environnementaux, dus à l’artificialisation des sols, la construction et le fonctionnement des bâtiments, les déplacements induits par les employés ou les visiteurs, la dégradation/modification du paysage.


Aujourd’hui, éco-concevoir une zone d’activité consiste à quantifier et hiérarchiser les différents enjeux environnementaux, adopter une stratégie et un plan d’actions de diminution des impacts, dans une vision en “cycle de vie”, en tenant compte de la construction, du fonctionnement, mais aussi de la fin de vie des aménagements. In fine, une ZA durable, c’est donc plutôt un objectif et une démarche qu’un résultat facilement mesurable.


Crédits photos : Bigstock



Les impacts ne sont pas toujours où on les attend


Si tout le monde a en tête la liste des impacts potentiels d’une ZA, il est intéressant d’essayer de proposer quelques ordres de grandeur, pour donner une idée de la hiérarchisation des enjeux.

Prenons l’exemple d’une petite ZA de 100 000 m2 de plancher, avec du tertiaire, de l’artisanat, de la petite industrie, en zone périurbaine, avec du chauffage au gaz. En ordre de grandeur, les émissions de GES d’un tel projet respectant la réglementation, calculées sur son cycle de vie mais sans la partie déconstruction, et en amortissant les bâtiments sur 30 ans, sont les suivantes :

  • ⅓ pour l’aménagement et la construction, dont 3 à 5 % liées à l’artificialisation des sols

  • ⅓ pour l’exploitation des bâtiments

  • ⅓ pour les déplacements des (environ) 1000 personnes attendues quotidiennement sur le site


Pour ces trois gros postes, nous avons trois types de leviers d’action :

  • le recours à des modes constructifs plus sobres en GES, en particulier des matériaux biosourcés (bois, isolants végétaux…),

  • le recours à de la chaleur renouvelable, de type biomasse ou géothermie par exemple qui ont un faible poids carbone,

  • le recours à des stratégies douces ou collectives de mobilité (en fonction des possibilités offertes liées à la localisation de la zone).


Ensuite, on trouvera les stratégies de végétalisation, qui contribuent au volet stockage de gaz à effet de serre (dans la biomasse et les sols vivants). Elles sont de grand intérêt pour la qualité paysagère, la biodiversité, comme aussi pour lutter contre les îlots de chaleur - pour peu que la végétation soit bien adaptée!

Le cas particulier des ZA préexistantes

Si on part d’une zone d’activité préexistante, les marges d’action semblent plus faibles. Cependant, la mise en place d’énergies renouvelables (éventuellement mutualisées à l’échelle de la zone) reste toujours possible, et utile, surtout pour couvrir les parkings et les toitures disponibles. En ce qui concerne les stratégies de mobilité, cela peut souvent paraître plus compliqué. Le covoiturage et le télétravail restent en général les solutions d’évitement les plus efficaces pour les longs trajets, mais le développement du vélo électrique (au moins 10 fois moins émetteur au km parcouru qu’une voiture) pour les trajets de moins de 10 ou 15 km offre aujourd’hui une alternative très intéressante. Celle-ci peut en outre faire l’objet d’une véritable offre de service locale (location, gardiennage, entretien), en lien avec un lieu central de restauration par exemple, idéalement de type tiers lieu (intégrant du coworking en particulier).



Bien mener son projet de construction / reconstruction


Aujourd’hui, si les ambitions environnementales sont partagées par tous, la véritable démarche d'éco-conception ou éco-transformation passe nécessairement par une analyse globale (de type bilan GES de zone) qui fonde une analyse partagée pour une dynamique collective des différentes parties prenantes (collectivité, constructeurs, propriétaires…). Le problème est souvent celui de la temporalité : les différents acteurs ne sont pas identifiés dès le commencement. D’où l’intérêt d’attirer des partenaires qui souhaiteront s’intégrer à la démarche, en affichant de manière forte des ambitions basées sur une démarche structurée.


Côté ambitions, on peut bien sûr citer les deux plus classiques du point de vue énergie-climat :

  • La Zone à Énergie Positive, qui produit plus d'Énergies Renouvelables qu’elle ne consomme d'énergie. Elle est souhaitable au vu de la réglementation énergétique 2020 qui impose la notion de Bâtiment à Énergie Positive. Mais là encore, l’efficacité passera souvent par des mutualisations, des optimisations collectives qui permettront de produire plus et mieux d’ENR pour moins cher que si chacun le fait de son côté. Dans notre exemple, notre ZA sans grosse industrie serait à énergie positive à condition que plus de la moitié des toitures soit couvertes de panneaux photovoltaïques, et que plus de la moitié de la chaleur soit renouvelable (biomasse ou géothermie).

Mais l’énergie n’est pas la seule source d’impact GES ! En effet, le contenu des matériaux de construction est également très important, tout comme l’impact des déplacements.

  • La Zone Bas Carbone aura donc bien du mal à être Zéro Carbone sur son simple périmètre. La mise en place de solutions bas carbone sur la construction, le fonctionnement, et la mobilité, devra être accompagnée d’une stratégie de territoire plus vaste (échelle de l’intercommunalité, du bassin de vie) pour aboutir à terme à l’objectif français de neutralité carbone à 2050 : il faut choisir le bon périmètre et la bonne stratégie.


Pour résumer, la construction de ces zones reste un challenge très intéressant compte tenu du nombre de paramètres à prendre en compte. Vitrine économique du territoire, elle peut aussi, par son éco-conception, la nature de ses activités ou son aménagement, se transformer également en une zone de sensibilisation réelle pour la population.



Aller plus loin


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